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Laboratoires d’analyses : L’accréditation fait tiquer
Communiqué de presse Publié le : 26 / 05 / 2008 - Lu : 513 fois
| Mettre tous les laboratoires sur un pied d’égalité. Et s’assurer qu’ils respectent toutes les exigences en termes de qualité et de compétences. Voilà l’objectif du ministère de la Santé. Mais cela a un coût, et les prix risquent de prendre l’ascenseur en 2009.
L’établissement d’une accréditation pourrait avoir une incidence sur le tarif des prestations des laboratoires.
Mettre les bouchées doubles. C’est ce que font les laboratoires d’analyses médicales pour soumettre, à la fin de l’année, leur application au Mauritius Accreditation Service (MAURITAS) afin d’être accrédités sous l’ISO 15189 : 2007. C’est là un exercice nécessaire, estime la Private Medical Laboratories’Association (PMLA), mais qui risque de faire grimper le prix des analyses médicales dès l’année prochaine, en raison des coûts d’évaluation élevés.
La majorité des douze laboratoires enregistrés auprès de l’association est déjà avancée dans sa quête. Des experts conseils, choisis après appels d’offres, bûchent sur les documents nécessaires qui devront être soumis au MAURITAS. « La plupart de mes collègues mettent en pratique ce que spécifie l’ISO 15189 : 2007. Nous avons une structure de travail mais maintenant ce sera officiel », affirme Anand Daby, le président de la PMLA, qui dirige lui-même le laboratoire de Quatre-Bornes.
Mais qui dit accréditation, dit coût élevé d’évaluation, qui sera alors inévitablement répercuté sur le prix des analyses médicales. « Même si nous ne nous sommes pas encore concertés à ce sujet, j’ai bien peur que certains laboratoires voudront revoir le prix des services offerts. C’est très délicat, surtout dans la mesure où le Mauricien subit déjà une cascade d’augmentations de prix », soupire Anand Daby.
Il faudra compter environ Rs 60 000 par an pour le certificat ISO 15189 : 2007, des frais d’environ Rs 10 000 par jour et par personne pour une pré-vérification par un expert du South African National Accreditation System (SANAS). Cette première inspection qui sera alors suivie, si besoin est, par une liste de détails à rectifier dans un minimum d’un mois. Viendra ensuite une deuxième vérification facturée au même coût en sus d’une participation dans un système de qualité international qui s’élève à Rs 80 000 par an, entre autres. Des frais qui s’élèveront à Rs 300 000 annuellement, estiment les laborantins.
On comprend mieux pourquoi ces coûts font tiquer, et pourquoi la majorité de ces entreprises souhaite la mise en œuvre de normes bien de chez nous pour des laboratoires d’analyses médicales. « Le MAURITAS pourrait former des gens en la matière pour que nous n’ayons pas à payer aussi cher le prix des services d’experts du SANAS. C’est facile de vérifier que nous travaillons selon les normes », souligne le président de la PMLA.
Moratoire d’un an et demi
« En France, s’indigne son collègue Ibrahim Sheik-Yousouf, directeur général du laboratoire Pro-Medica, on n’exige rien de tel des laboratoires. Seuls ceux qui souhaitent obtenir un cachet international veulent un certificat d’accréditation. Notre clientèle est strictement locale, alors je ne comprends pas pourquoi le ministère de la Santé nous impose un tel fardeau. »
Sans oublier que, selon ces professionnels, les exigences édictées dans l’ISO 15189 : 2007, ne sont pas détaillées. Par exemple, il est spécifié que chaque laboratoire devra avoir trois membres du personnel « appropriately qualified » pour la bonne gestion. Sans
donner plus de détails sur les fameuses qualifications…
Malgré le moratoire d’un an et demi obtenu l’année dernière, certains responsables de laboratoires estiment également que les choses vont trop vite, car il s’agira de soumettre toute une liste de documents comme un quality policy manual and quality procedures, où toutes les analyses effectuées par le laboratoire devront être détaillées.
De même, les fournisseurs d’appareils d’analyse devront être accrédités par l’autorité régulatrice concernée, et il faudra que les réactifs utilisés aient un certificat permettant de les retracer. L’application pour une accréditation devra, quant à elle, être logée au MAURITAS, avant décembre 2008.
Une situation ironique
Tout cela ne semble pas déranger Ebrahim Khan, responsable du laboratoire de la clinique Chisty Chiffa. « Pour être honnêtes, nous ne serons pas prêts à la fin de l’année. Il nous faudra encore six mois et je ne crois pas que le ministère de la Santé pourra imposer des sanctions puisqu’il n’a pas jugé nécessaire de traiter les laboratoires privés et les laboratoires publics sur un pied d’égalité », affirme-t-il.
Ce dernier insinue que les laboratoires publics n’ont pas soumis leur application au MAURITAS pour être accrédités. « C’est très ironique comme situation. Les laboratoires publics font 20 fois plus d’analyses que nous, et ils ne seraient pas inquiétés par des sanctions… »
Si l’objectif du ministère de la Santé est de mettre bon ordre dans le secteur, les responsables de laboratoires ne peuvent s’empêcher de parler du traitement injuste dont ils font l’objet. Et ce, depuis que les autorités ont décidé d’agir pour assainir le secteur.
« Le domaine des analyses médicales est gangrené par un marché parallèle. Beaucoup, dont certains médecins et cliniques privés, abusent des services gratuits de l’hôpital pour des analyses avant de saler la note. C’est pourquoi nous disons qu’il faut s’attaquer au mal à la racine », peste Ibrahim Sheik-Yousouf. À bon entendeur…
| | Source : lexpress http://www.lexpress.mu/
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