Un séminaire de formation en «gestion des conflits et médiation» s’est tenu, début août, à Oran, durant cinq jours, avec la participation d’une trentaine de personnes de différentes professions (médecin, avocat, journaliste, enseignant,…) et représentants de villes (Annaba, El Tarf, Alger, Oran, Ghardaïa, Blida, Bejaïa).
Cette session de formation a été organisée par InWent, un organisme international de développement personnel, de formation continue, d’échanges et de dialogue, grâce au soutien financier de l’Institut allemand pour les Relations culturelles avec l’étranger (IFA), Programme ZIVIK. L’IFA est financé en grande partie par le ministère fédéral allemand des Affaires étrangères. La session de formation a été animée par l’experte internationale dans ce domaine, Fatiha Benaoum, coordinatrice du programme, qui a participé à la conception de ce programme et à sa réalisation depuis 2002. C’est, en effet, la septième année consécutive que InWent organise ce type de formation en Algérie. Une quinzaine d’ateliers ont été animés par Mme Benaoum depuis 2002 en Algérie. Outre Mme Benaoum, la session d’Oran a bénéficié de l’apport de deux formateurs allemands, M. Stefan Zech et Mme Valborg Edert, qui ont une longue expérience dans ce domaine. Selon Mme Benaoum, la médiation fait partie des modes alternatifs de résolution des conflits et a connu un grand essor ces dernières années dans les pays développés (Europe, Etats-Unis,…). Elle explique que la médiation touche à plusieurs disciplines (sociologie, psychologie, communication, management, etc.) et tient compte de la qualité relationnelle et de la communication entre les personnes. Les participants à la session de formation qui s’est déroulée à Oran se sont familiarisés avec le rôle du médiateur, un tiers neutre, impartial et indépendant, qui laisse les parties décider elles-mêmes de l’objet de leur accord. Mme Benaoum, elle-même médiatrice, fait remarquer que les champs d’application de la médiation sont multiples : famille, entreprise, économie, école, environnement, sont les plus connus. La sensibilisation des participants à la gestion non violente et constructive des conflits et leur formation à la médiation, objectif de cette session, vise un double but : permettre aux participants d’intervenir comme médiateurs et aider des personnes ou des groupes ayant un différend à trouver eux-mêmes une solution qui les arrange ; agir en tant que multiplicateurs et informer et sensibiliser d’autres groupes de personnes. La formation s’étale sur plusieurs sessions consistant en un atelier dit de base et des ateliers d’approfondissement, pour une durée de 200 heures requise pour devenir médiateur. Le programme de l’atelier de base, qui s’est tenu à Oran, a porté sur la compréhension et la définition du conflit, les mécanismes de règlement, les modèles de comportement, l’escalade du conflit, la communication dans la médiation, les profils et les compétences du médiateur. A l’issue de l’atelier, les participants ont souhaité que leur formation se prolonge dans les ateliers d’approfondissement prévus par InWent. Ils ont fait part de leurs idées et projets pour traduire les connaissances acquises sur le terrain des conflits réels auxquels ils sont confrontés et pour faire connaître cette démarche dans leur entourage. Les pays voisins, notamment le Maroc, sont assez avancés dans cette pratique. Les participants à l’atelier de base ont exprimé leur volonté de contribuer à faire rattraper à notre pays son retard dans ce domaine. Leur action passera, notamment, par le développement du mouvement associatif qui s’occupera de faire rayonner et mettre en œuvre la démarche de la médiation dans la résolution des conflits. Naturellement, cela suppose de corriger les insuffisances de l’Etat de droit en Algérie, de faire reculer les abus de pouvoir à différents niveaux, de promouvoir la transparence, toutes conditions indispensables à la démocratie participative dont la médiation est un élément fondamental.
M’hamed Rebah
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