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Suisse : les fruits s'octroient un label de qualité
Communiqué de presse Publié le : 09 / 10 / 2008
| MARQUE VALAIS : Les premiers fruits – pommes et poires – mis au bénéfice du label de qualité ont été dévoilés hier à Martigny. Vive satisfaction tant du côté de la production que de la commercialisation.
Dès cette semaine, les premiers fruits identifiés avec la marque Valais apparaîtront sur le marché suisse. La démarche visant à permettre au consommateur d’avoir la certitude d’acheter un produit de qualité a été présentée par le menu hier dans le cadre de la Foire du Valais, à Martigny. Interview d’Yvan Aymon, directeur de l’association Marque Valais.
Yvan Aymon, les premiers produits certifiés marque Valais ont été rendus publics hier à la Foire du Valais. C’est une étape essentielle qui a ainsi été franchie...
Essentielle, c’est le mot, car elle matérialise la vision que nous avons pour le Valais. La marque sur des produits, c’est la partie visible de l’iceberg, c’est la récompense d’un travail colossal effectué en amont durant presque une dizaine d’années. Mais la marque Valais, ce n’est pas uniquement un logo sur un produit, c’est un changement de culture dans la manière de promouvoir notre économie. Mettre en avant ce que le Valais peut offrir de meilleur, c’est créer de l’aspiration vers le haut alors que, bien souvent, c’est la solution du «politiquement correct» qui s’impose, soit le nivellement par le bas. La marque Valais, c’est une démarche exceptionnelle pour toute une région. Elle n’existe nulle part ailleurs, elle est même citée en exemple à l’extérieur des frontières du pays.
La mise en œuvre du processus n’a pas été un long fleuve tranquille. Aujourd’hui, quel est le sentiment qui vous anime...
J’éprouve les mêmes sensations que lorsque l’on arrive au sommet d’une montagne après une ascension difficile. Je tiens ici à rendre hommage aux responsables du secteur agricole pour le travail réalisé afin que la nouvelle philosophie mise en place soit acceptée. Mais aujourd’hui, on peut dire que la branche agricole démontre beaucoup d’enthousiasme pour la nouvelle marque.
Le label Valais Excellence et la marque Valais sont étroitement liés, un élément n’allant pas sans l’autre.
Pour le grand public, quelles sont justement les différences qui séparent ces notions de label et de marque?
La différence se situe dans le message adressé aux consommateurs. Le label Valais Excellence informe sur l’éthique de l’entreprise et sa qualité de gestion, alors que la marque exprime les valeurs de notre canton à travers ses produits, qu’ils soient de services, artisanaux, agricoles ou touristiques.
Concrètement, quelles sont les contraintes liées à l’obtention de ce signe de reconnaissance destiné aux produits emblématiques du canton?
Pour les entreprises de service – un établissement hôtelier par exemple –, il s’agit d’adhérer à une démarche citoyenne d’un point de vue social, économique ou environnemental, et de manifester une volonté indéfectible de s’améliorer. Ces exigences se concrétisent à travers la certification de l’entreprise selon les normes ISO 9001, 14001 et Valais Excellence. Pour les produits agricoles, il est procédé à une sélection rigoureuse de produits et de variétés emblématiques. Pour apposer la marque sur le produit, l’entreprise requérante doit respecter un cahier des charges ambitieux qui intègre également des éléments liés au respect de l’environnement et à la prestation sociale. L’entreprise productrice signe en outre une charte avec l’association Marque Valais, dans laquelle elle s’engage à appliquer les principes du développement durable et se soumet à un contrôle périodique.
Financièrement, quelles en sont les exigences dans la mesure où les produits candidats sont soumis à une procédure rigoureuse, sélective?
Le mandat de certification des produits a été attribué à un organisme spécialisé, l’OIC. Les frais réels de certification sont de quelques centaines de francs tous les trois ans. Dans cette phase de lancement, les coûts de certification des premiers produits sont pris en charge par le Service cantonal de l’agriculture. De manière générale, l’intérêt de l’Etat du Valais pour cette démarche est très marqué. L’avenir de marque Valais dépendra de la force de communication que le canton engagera en faveur de la promotion de la marque générique. Un signe clair dans ce sens a été donné par le Parlement à travers la création de Promo Valais dans le cadre de la nouvelle loi cantonale sur le tourisme.
Pour le produit certifié, quelle est l’assurance d’un retour sur investissement?
C’est LA question centrale. Si marque Valais n’amène pas une plus-value aux produits certifiés, elle n’a aucune raison d’être. Difficile, à ce jour, d’évaluer cette plus-value, mais l’intérêt des grands distributeurs à la conférence de presse d’hier est un signe significatif. Les entreprises parties prenantes dans la démarche ont à leur tête des visionnaires qui, lorsqu’ils sont convaincus par un projet, n’attendent pas qu’on leur signe une assurance pour foncer.
Et quelles sont les contraintes pour maintenir le produit «à niveau» si l’on peut dire?...
Un contrôle dans les entreprises productrices tous les trois ans et des actions d’évaluation inopinées seront effectuées par l’OIC.
Aujourd’hui, les premiers produits agricoles sont donc certifiés. Qu’attendez-vous de la suite des opérations?
J’attends avec beaucoup d’intérêt la réaction des consommateurs. Je me réjouis de connaître la perception du marché par rapport à cette nouvelle philosophie. Un important effort a été consenti par toute l’économie valaisanne pour mettre en place des démarches de qualité. Aujourd’hui, nous pouvons sans appréhension présenter le fruit de ce travail à nos clients.
Ils ont croqué la pomme certifiée!
«Aujourd'hui, nous ouvrons l'emballage de la marque Valais, une marque qui bouge, qui se veut dynamique.» Directeur de l'association éponyme, Yvan Aymon a largement eu recours à la métaphore hier à la Foire du Valais à l'occasion de la présentation officielle des premiers produits certifiés marque Valais. Le signe de reconnaissance a été remis aux pommes et aux poires, fruits de saison on ne peut plus emblématiques du canton. D'autres produits - abricots, baies, asperges, tomates - suivront au gré des saisons.
La marque Valais ne s'obtient pas d'un simple claquement de doigts. Directeur de l'Interprofession des fruits et légumes du Valais (IFELV), Ephrem Pannatier s'est ainsi attaché hier à définir les critères d'attribution de «cet emblème synonyme de qualité». La procédure est extrêmement sélective, qui porte notamment sur la provenance strictement valaisanne des produits et sur le respect du cahier des charges élaboré par l'IFELV. Ephrem Pannatier a rappelé l'obligation pour le producteur de se soumettre aux exigences techniques SwissGap. Ce standard de production pour les fruits et légumes est peut-être ce qui se fait de plus pointu dans le domaine. Il garantit notamment un certain nombre de prestations environnementales et sociales, et satisfait pleinement aux attentes des consommateurs en termes d'hygiène et de sécurité alimentaire. Le cahier des charges inclut également toute une série de critères en relation avec le conditionnement, la conservation et la commercialisation des produits, ainsi qu'avec les prescriptions d'utilisation de la marque. Certaines exigences sont en outre attendues de la part des metteurs en marché et des bénéficiaires.
Fort soutien politique. Chef du Service cantonal de l'agriculture, Gérald Dayer a par ailleurs réaffirmé la volonté de l'Etat du Valais de soutenir la démarche entreprise. Et de rappeler, dans le cadre de la future loi sur le tourisme, la création d'une société unique en charge de la valorisation générale de l'image du Valais: «Un montant de l'ordre de 10 millions de francs par an serait ainsi affecté à la promotion de marque Valais». Sur le plan agricole, une réorganisation des moyens promotionnels interviendra début 2009. De nombreuses ressources, y compris privées, serviront les intérêts de la marque Valais. Selon Gérald Dayer, «les produits agricoles en seront fortement bénéficiaires».
| | Source : Le Nouvelliste http://www.lenouvelliste.ch
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