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Tunisie - Packaging : Perspectives et Stratégies d'innovation
Article
Publication : 30 / 01 / 2007
8153 Consultations
Le Centre Technique de l'Emballage et du Conditionnement, PACKTEC, a organisé les 6, 7 et 8 Décembre 2006 sous l'égide de Ministère de l'Industrie, de l'Energie et des PME et avec l'appui de l'Organisation Mondiale de l'Emballage (WPO), les Journées Packaging sur le thème Perspective et stratégies d'innovation.
Ces Journées Packaging se sont articulées autour de six sessions de formation thématiques dédiées aux nouveaux développements et avancées technologiques que connaît le secteur de l'emballage.
Ces sessions ont traitées des thèmes d'actualités liés notamment à la sécurité alimentaire, la traçabilité, la Recherche et le Développement, le design Packaging, la logistique et la distribution ainsi que l'environnement.
L'occasion a été ainsi saisie pour fournir aux participants, à savoir fabricants et utilisateurs d'emballage, un aperçu sur l'état des lieux qui prévaut en matière d'emballage et les grandes problématiques qui se posent au secteur.
Une assistance nombreuse et diversifiée a participé à ces différentes sessions composée essentiellement de représentants de l'industrie de l'emballage, des différents Ministères et des institutions d'appui.
Le nombre des participants a atteint les 120 participants, la présence d'entreprises marocaines, algériennes, libyennes et saoudiennes a été également enregistrée.
Dans ce qui suit, nous résumons les principaux axes et les nouvelles tendances traités au cours des différentes sessions.
Session I : Sécurité Alimentaire
La gestion de l'alimentarité et l'évolution de la réglementation nationale et internationale relative à la sécurité des matériaux et emballages destinée au contact alimentaire ainsi que la gestion de l'hygiène alimentaire sont deux principaux axes développés lors de cette session.
L'accent a été mis sur le rôle de la réglementation pour garantir la sécurité de l'aliment préemballé. En effet, pour pouvoir commercialiser son produit sur le marché local et/ou international, le conditionneur doit s'assurer et fournir la preuve de l'innocuité et de l'inertie des matériaux et emballages destinés au contact alimentaire de son produit. A cet effet, une connaissance de la conformité à la réglementation nationale et internationale en vigueur s'avère indispensable.
Par ailleurs, la gestion de l'hygiène alimentaire a été développée à l'échelle européenne à travers la présentation du paquet hygiène (Food Law CE 178/2002, le Règlement CE 852/2004…) et à l'échelle nationale à travers le Programme National de la Qualité (PNQ) dont l'objectif est de développer une infrastructure qualité reconnue à l'échelle internationale permettant l'amélioration et la maîtrise des conditions de sécurité, de l'hygiène et de l'environnement favorisant ainsi le commerce international des produits agroalimentaires tunisiens.
A cet effet les différents référentiels de management de l'hygiène dans la fabrication des emballages alimentaires (ISO 22 000, BRC/IoP, IFS…) ont été également exposés.
Par ailleurs, un intérêt particulier a été accordé, lors de cette session, au Règlement cadre CE 1935/2004 concernant les matériaux et objets destinés à entrer en contact avec les denrées alimentaires et qui est entré en vigueur le 1 er Janvier 2006.
Ce règlement stipule que les matériaux et objets doivent être fabriqués conformément aux bonnes pratiques de fabrication afin que, dans les conditions normales ou prévisibles de leur emploi, ils ne doivent pas céder aux denrées alimentaires des constituants en une quantité susceptible de présenter un danger pour la santé humaine, pouvant entraîner une modification inacceptable de la composition des denrées ou une altération des caractères organoleptiques de celles-ci.
Il annonce, en outre, le développement des emballages actifs et intelligents comme étant un facteur innovateur dans le domaine de l'emballage alimentaire ainsi que les exigences de la traçabilité dans le domaine des emballages destinés au contact alimentaire.
Les implications du Règlement REACH ont, également, été développées lors de cette session.
Ce règlement a pour but d'améliorer la connaissance des produits chimiques, de maîtriser les risques ou même d'interdire les substances les plus dangereuses désignées comme « extrêmement préoccupantes », afin d'assurer un haut niveau de protection de la santé humaine et de l'environnement.
Partant du fondement du règlement REACH qui est la méconnaissance de l'ensemble des propriétés toxicologiques pour 99% des substances commercialisées, les concepts de base de ce règlement à savoir ; l'enregistrement des substances chimiques fabriquées ou importées, l'évaluation et la vérification que l'industrie respecte ses obligations et l'autorisation de la Commission Européenne ont été exposés.
Néanmoins, ce règlement, qui entre en vigueur en Avril 2007, présente des limites vu qu'il ne s'applique pas aux préparations (peintures et encres...). En effet, chaque constituant de ces préparations nécessite un enregistrement pour être conforme au règlement ainsi que les composés chimiques intermédiaires et les différents polymères qui sont exemptés de cet enregistrement.
Les paramètres qui influencent l'interaction entre l'encre et les différents matériaux d'emballages destinés au contact alimentaire ont pu être débattus ainsi que le cadre réglementaire qui régit ce domaine à l'échelle internationale.
L'aptitude des papiers / cartons au contact alimentaire a été en outre analysée. En effet seul l'emballage primaire est concerné par le contact, qui n'a lieu que lorsque tout ou une partie de l'aliment qui doit être consommé touche le papier/carton.
Les aspects liés à l'étiquetage et la déclaration de la conformité ont été développés. En se référant à l'article 15 du Règlement cadre CE 1935/2004 qui instaure des obligations d'information et d'étiquetages pour les matériaux et objets conformes et non encore mis en contact avec les denrées alimentaires lors de leur commercialisation ; les informations obligatoires devant accompagner les matériaux et objets ainsi que les obligations formelles relatives à leur lisibilité ont fait l'objet d'un recensement.
En effet, l'étiquetage présente un double objectif : informer les acheteurs, à tous les stades de la commercialisation, sur l'origine, l'utilisation, ou les éventuelles restrictions existantes concernant les matériaux et articles et mettre en œuvre la traçabilité des produits.
De surcroît, il revient aux fabricants et aux transformateurs de fournir la preuve de conformité des matériaux avec la réglementation applicable.
Le fabricant et/ou le transformateur devra détenir une documentation appropriée lui permettant de démontrer la conformité des matériaux et articles (attestations de ses fournisseurs, résultats d'analyses, …) et donc de déclarer que son produit est conforme.
Le témoignage d'une entreprise internationale implantée en Tunisie et spécialisée dans la fabrication des cannettes pour boisson a mis l'accent sur la gestion de l'alimentarité des emballages qui doit se fait en conformité avec le règlement cadre CE 1935/2004 et autres réglementations spécifiques tel que le règlement Epoxy 1895/2005. Ce règlement, applicable à partir du 1er janvier 2006, concerne l'utilisation de certains dérivés époxydiques dans les matériaux et objets destinés à entrer en contact avec les denrées alimentaires.
Cette gestion passe par le choix des matériaux, les procédés de fabrication et la traçabilité.
Session II : Traçabilité
La sécurité des produits et des consommateurs constitue l'un des défis les plus importants auxquels doivent faire face les industriels et la grande distribution. Une sécurité qui passe par la traçabilité des produits, l'étiquetage et l'inviolabilité des emballages et ce conformément à la réglementation européenne. C'est dans ce cadre que s'inscrit le thème de la deuxième session des Journées Packaging.
Cette session a été consacrée à la problématique de la traçabilité, devenue incontournable pour améliorer la qualité du produit, assurer la logistique, répondre aux exigences réglementaires et aux contraintes en matière de sécurité et d'hygiène.
Elle s'est focalisée sur le règlement européen CE N°178/2002 fixant les procédures relatives à la sécurité des denrées alimentaires.
Ce règlement qui est entré en vigueur le 1 er janvier 2005, instaure à l'article 18 une obligation générale de traçabilité des produits alimentaires à tous les stades de la production , de la transformation et de la distribution. L 'article 19 définit, quant à lui, les responsabilités juridiques de chaque maillon de la chaîne avec une triple obligation : de mettre en place des outils de maîtrise, de retirer les produits défectueux ainsi que d'informer les services de contrôle de l'existence d'un produit défectueux et des mesures pour faire cesser le risque.
Notant, en outre, que le règlement CE 1935/2004, du 27 Octobre 2004 impose désormais la traçabilité des matériaux d'emballages. En effet, il stipule dans son article 17-1, qui est entré en vigueur le mois d'octobre 2006, que la traçabilité des matériaux et objets doit être assurée à tous les stades afin de faciliter les contrôles, le retrait des produits défectueux, l'information des consommateurs ainsi que la détermination des responsabilités.
Les standards de la traçabilité de la codification des unités de consommation (EAN 13, GTIN…) jusqu'à la codification des unités d'expédition (SSCC, l'étiquette palette…) en passant par la codification des cartons (EAN 128) ont été présentés.
Les exigences de la traçabilité accélèrent, également, le développement de technologies comme les étiquettes à identification par radiofréquence (RFID), qui visent à créer un lien entre le produit et son contre parti informationnel stocké dans une base de donnée.
A cet égard, un témoignage a porté sur la traçabilité en amont permettant de retrouver l'origine des matières premières ayant permis de fabriquer un produit et de faciliter par la suite le retrait du marché des produits susceptibles de présenter un risque pour le consommateur. Tout ceci peut se faire à travers notamment le suivi logistique qui nécessite des outils de gestion tel que les bases de données et les systèmes d'information modernes (GPAO, ERP…)
La stratégie française pour la lutte anti-contrefaçon a fait, en outre l'objet d'un autre témoignage qui a présenté la réglementation et la normalisation des moyens de lutte ainsi que l'initiative de la France via l'AFNOR de développer un projet de loi qui doit être transposé par l'Union Européenne.
Ce projet de norme définit la responsabilité pénale du producteur en cas de contrefaçon ainsi que les moyens standardisés de lutte, à savoir, les techniques cryptologiques pour immatriculer chaque produit de manière individuelle, l'impression digitale, l'utilisation des technologies de l'information (Internet, téléphonie mobile) pour la vérification de l'immatriculation, les techniques dérivées de la médecine légale ainsi que les propriétés de la matière.
Ce témoignage a donc permis à l'auditoire d'avoir un aperçu sur l'importance de la lutte contre les copies illégales, essentiellement dans le secteur du luxe et le secteur pharmaceutique.
Session III : Recherche & Développement
Une attention particulière a été accordée aux programmes de recherche et de développement dans le domaine des matériaux d'emballage et des systèmes de conditionnement.
Cette troisième session a présenté l'état de la recherche en matière d'emballage alimentaire, elle a ainsi introduit les emballages barrières à l'oxygène leur utilité et leur impact sur la conservation et la durée de vie des produits alimentaires en présentant l'offre innovante en matériaux et systèmes d'emballage alimentaire en Europe.
En effet, les progrès technologiques ont permis aux industries agro-alimentaires de développer des emballages actifs qui modifient les conditions d'un produit alimentaire conditionné en vue d'étendre sa durée de conservation ou d'améliorer les aspects de sécurité alimentaire, ou de qualité organoleptique / sensorielle du produit. Les emballages intelligents, quant à eux, surveillent et contrôlent l'évolution des conditions dans lesquelles un produit alimentaire a été emballé, tout en fournissant des informations sur la qualité du produit pendant toutes les étapes de transport et de stockage précédant sa consommation.
Outre, les projets menés au niveau européen, le Centre Technique de l'Emballage et du Conditionnement, PACKTEC, a présenté, le projet d'étude comparative sur les différents matériaux d'emballage destinés au contact de l'huile d'olive mené dans le cadre du Programme National de Recherche et d'Innovation (PNRI).
Cette étude vise à étudier le comportement des différents matériaux d'emballage (les emballages métalliques, en verre et en PET) au contact de l'huile d'olive vierge stockée dans différentes conditions de température, de durée et d'exposition à la lumière.
Les perspectives de ce projet, à savoir, le développement des méthodes d'analyse pour la détermination de certains migrants spécifiques, la détermination de l'impact de la photo-oxydation sur les caractéristiques organoleptiques de l'huile d'olive ainsi que l'introduction, en plus du PET, d'autres matériaux plastique tel que le PE, le PP et les films complexes sous forme de mini doses ont été également présentées.
Cette session s'est également intéressée à l'emballage pour produits cosmétique. En effet avec un important potentiel d'innovation le secteur cosmétique s'avère être un secteur particulièrement dynamique et innovant.
Outre la présentation des tendances qui ont influencé le secteur comme l'emprunt de code, la praticité….l'occasion a été saisie pour présenter les différentes manières de protection de l'innovation tel que l'enveloppe solo qui constitue une manière simple et rapide avec laquelle on prouve la date de l'enregistrement, le dépôt de modèle qui protège le style et l'esthétique et enfin le brevet d'invention qui est la démarche la plus complexe avec laquelle on prouve la propriété du produit.
Il convient de noter, en outre, que l'innovation en matière de cosmétique relève de la maîtrise de plusieurs paramètres à savoir la flexibilité, la vitesse, la prise de risque et la faisabilité.
Cette session a été clôturée par des témoignages très diversifiés présentant différents axes de recherche et développement :
• Le développement et les perspectives d'avenir des machines d'emballages.
• Les évolutions dans le domaine de l'emballage des plats cuisinés.
• L'adaptation des emballages aux produits pharmaceutiques et la présentation d'une façon concrète des éléments à prendre en compte dans la définition des axes de développement des emballages pharmaceutiques.
Session IV : Innovation & Design
Le Design Packaging s'avère être un outil stratégique de développement et un élément primordial pour assurer le meilleur positionnement des produits par rapport à la concurrence.
A travers différentes interventions et témoignages, la quatrième session dédiée à l'Innovation et au Design a essayé de présenter toutes les évolutions et les tendances packaging sur les différents marchés cibles.
Il est vrai que de nos jours l'innovation packaging reste fortement liée à l'évolution des tendances de consommation, des besoins de la cible, des exigences des circuits de distribution ainsi que des attentes des marchés.
En effet, plusieurs tendances de consommation, qui influencent le design packaging ont été présentées, à savoir la praticité et l'émergence des produits nomades et fonctionnels (portions individuels ou monodoses, double compartiment, briques à fermeture hermétique…) qui offrent la possibilité de consommer à toute heure et en tout lieu, la portabilité qui induit de nouvelle forme d'emballage et qui reflète la société mobile ainsi que les attentes en matière de santé et de bien-être qui suscite le développement des emballages très spécifiques tel que des systèmes d'emballages auto chauffants et réfrigérants, des formules en kit, des formats de poches, des formules recharges, des éditions de voyage…
De surcroît, le consommateur qui est devenu de plus en plus exigeant, en terme d'information, de sécurité et de différenciation, influence les tendances de design packaging. En effet, on voit surgir des étiquettes livret qui proposent un maximum d'information dans un minimum d'espace, des hologrammes pour lutter contre les copies illégales des produits, des emballages ludiques pour enfants, des emballages pour sportifs, des emballages réutilisables, des emballages pour personnes présentant un handicap (Etiquette en braille par exemple).
Les solutions d'emballages proposées pour répondre aux besoins des différents circuits de distribution sont également exposées lors de cette session, à savoir, l'emballage prêt à vendre, la réduction de la manutention en linéaire, l'augmentation de la productivité pour l'approvisionnement, l'élimination des déchets d'emballage au point de vente et l'amélioration du repérage dans les réserves et les entrepôts.
Au cours de cette session, d'autres points ont été soulevés comme le développement du segment du luxe, les emballages événementiels, les séries limitées et les emballages personnalisés.
L'occasion a été également saisie lors de cette session pour présenter l'étude réalisée par le Salon de l'Emballage 2006, qui s'est déroulé à Paris au mois de Novembre 2006, sur le thème Evolution et Défis du Packaging dans le nouveau contexte de la distribution.
Les chiffres présentés par l'étude sont significatifs. En effet, chaque année, de plus en plus de produits sont lancés dans le monde ce qui donne 250000 produits nouveaux chaque 3 ans. En 2004, 81507 produits alimentaires ont été lancés soit une augmentation de 48% par rapport à l'année 2002. Dans la catégorie non alimentaire plus de 200 000 nouveaux produits ont été lancés dans le monde entre l'année 2002 et l'année 2005, avec une prépondérance des boissons.
Par ailleurs, les Marques de Distributeurs (MDD) représentent une véritable alternative aux grandes marques. En effet avec un prix moins élevé pour une qualité souvent équivalente, les MDD se développent actuellement selon trois axes, à savoir, l'élargissement de l'offre, l'apport d'une valeur ajoutée et une volonté de mieux répondre aux nouvelles logiques de consommation que constituent le naturel, l'authentique et l'exotique.
A côté de ses fonctions techniques à savoir protéger, garantir la qualité du contenu et faciliter la logistique, l'emballage permet notamment de communiquer, informer le consommateur et faire vendre le produit.
Le design packaging s'avère être un outil indispensable permettant de renforcer l'identité d'un produit et son positionnement par rapport à la concurrence sur les linéaires.
La maîtrise de la chaîne de distribution à travers le design packaging a fait l'objet d'une intervention au cours de laquelle plusieurs points ont été débattus notamment la conception des emballages pour fruits et légumes ainsi que leurs optimisations pour permettre d'acheminer dans les meilleures conditions les produits à l'exportation (maximiser la résistance de l'emballage aux chocs, à la température et aux différents modes de transports tout en s'assurant que les produits arrivent intact à destination).
La réalisation de prototypes, permet justement de s'assurer de tous les problèmes qui peuvent survenir. En effet, différents essais peuvent être réalisés sur ces différents prototypes qui peuvent réduire de 25 à 50 % les risques de pertes et avaries.
Le prototypage permet d'améliorer et surtout d'optimiser les différentes opérations de distribution en éliminant tous les risques de détérioration des produits qui peuvent survenir lors du transport et de l'acheminement du produit au consommateur final.
Deux témoignages sont venus enrichir la quatrième session, le premier témoignage a insisté sur plusieurs points à savoir l'étude des tendances et des besoins, l'étude des habitudes de consommation, les circuits de distribution, le merchandising, les services après-vente etc…
Afin de pouvoir exporter sur les marchés extérieurs plusieurs critères sont à prendre en compte tel que les législations spécifiques et les habitudes de consommation de chaque pays cibles. C'est pour cette raison que le recours à une expertise locale, pour développer et commercialiser des produits s'avère indispensable.
En effet, un packaging innovant est un packaging qui retient l'attention du consommateur sur les linéaires, qui est adapté au merchandising, qui est facile à placer, et qui répond aux normes du pays auxquels il est destiné.
Au cours du deuxième témoignage un intérêt particulier a été accordé aux atouts du design packaging.
En effet, le packaging offre la possibilité d'assurer la sécurité et la traçabilité de la production à la livraison d'un produit au consommateur final. La sécurité et la préservation des produits, ainsi que la communication et le marketing sont les principaux points qui observent une nette évolution ces dernières années.
En effet, le plus d'un produit est associé à une plus grande facilité d'utilisation de l'emballage ainsi que la prise en compte de l'environnement dans la conception des emballages comme par exemple la présentation d'écorecharges et autres solutions écologiques soit par le choix des matériaux d'emballages ou par la diminution des déchets qui constituent les principales tendances.
La Session V : Logistique & Distribution
Cette session a été consacrée aux problèmes liés aux conditions de stockage, de transport et de distribution.
Dans cet objectif, plusieurs paramètres doivent être prise en compte tels que les systèmes de conditionnement et de distribution, le design des emballages, les conditions climatiques, la migration, la compression, l'humidité ainsi que les spécifications des produits eux mêmes.
Les spécifications techniques pour le transport des marchandises ont été également exposées lors de cette session afin de s'assurer que le produit soit acheminé au client final dans les meilleures conditions et au meilleur coût tout en évitant les pertes et avaries.
Les spécifications techniques des emballages et des charges palettisées ainsi que les divers problèmes et les risques qui peuvent survenir lors du transport et de la manutention des marchandises ont pu être largement débattus. En effet, 43 % des pertes sont dus à la manutention et peuvent être provoqués par un mauvais emballage, 15 % des dommages sont dus à l'inadéquation des emballages.
A cet effet, des exemples de cahiers des charges ont été présentés pour faire face à tous ces problèmes. En effet le cahier des spécifications d'achat, qui est un document établi suite à une étude de mise au point du couple emballage/produit, vient fixer certains paramètres comme les caractéristiques des emballages et des matériaux qui les composent, les accessoires ainsi que la configuration de la charge palettisée.
Pour conclure des conseils pratiques lors du chargement des palettes ont été donnés à savoir les moyens de cercler, de banderoler, d'envelopper les boîtes sur les palettes pour assurer leur stabilité lors de la manutention.
Les moyens dont disposent PACKTEC permettant d'assurer des simulations des contraintes mécaniques et climatiques conformément aux normes internationales ont été également présentés.
Dans le cadre de la présentation de la réglementation des Nations Unies sur le transport des matières dangereuses ainsi que des différentes classes de transport des matières dangereuses, un intérêt particulier a été accordé au marquage UN (conformément à la réglementation des Nations - Unies) qui doit figurer clairement sur chaque emballage. Un exemple d'une fiche à remplir pour les matières dangereuses ainsi que plusieurs consignes qui concernent les véhicules de transport ont été présentées.
Une quatrième présentation qui concerne l'homologation des matières dangereuses a été exposée et a souligné l'importance du respect des exigences des différents pays pour faciliter les échanges commerciaux des matières dangereuses.
Le transport des marchandises dangereuses implique une bonne gestion de marquage et d'étiquetage des colis, de l'arrimage, de la limitation des quantités et de la séparation des matières, ainsi qu'une meilleure connaissance des recommandations des Nations – Unies à ce sujet.
Au cours de cette session, l'audience a pris connaissance du contenu des réglementations qui sont basées sur les recommandations relatives au transport des marchandises dangereuses établies par l'ONU, ainsi que les prescriptions relatives aux matières et objets comprenant les dispositions générales et particulières pour chaque classement et énumérations des matières ainsi que les exigences à satisfaire pour les emballages en terme de conception, d'épreuves, de marquage et d'étiquetage.
Au terme de cette session le programme d'essais réalisé dans le laboratoire de transport de PACKTEC afin de garantir l'aptitude des emballages au transport a été présenté.
Session VI : Environnement
La dernière session des Journées Packaging a été dédiée à l'Environnement qui est devenu un souci collectif et un paramètre important dans la stratégie packaging des entreprises et de son développement durable.
La première intervention de cette session a insisté sur la gestion des déchets d'emballages et le recyclage, en présentant des informations générales sur l'organisation du tri et les critères de performance d'une collecte sélective (par matériaux et couleurs...)
Il apparaît évidemment que la communication et la sensibilisation constituent des pièces maîtresses pour la réussite d'un programme de collecte sélective et le premier maillon de la chaîne de recyclage.
Une attention particulière a été accordée lors de cette session à la Directive européenne 94/62/CE relative aux emballages et aux déchets d'emballage et qui a pour but d'harmoniser les mesures entre les Etats membres de l'Union Européenne, de prévenir et de réduire l'incidence l'emballage sur l'environnement.
Cette directive impose surtout la prise en compte des exigences liées à l'environnement dans la conception et la fabrication des emballages. Les exigences essentielles sont les suivantes : la prévention par réduction à la source et minimisation des substances dangereuses pour l'environnement, la réutilisation et la valorisation par recyclage matière ou valorisation énergétique, compostage et biodégradation.
A cet effet, les principes fondamentaux de cette directive à savoir la réutilisation des emballages, le recyclage et les autres formes de valorisation des déchets d'emballage sont également définis.
Les aspects environnementaux ont été présentés en détails lors de cette session afin de faire connaître les notions de la réduction à la source et de l'éco conception des emballages.
La notion de la réduction à la source a été clairement définit comme étant Le processus visant à atteindre le minimum nécessaire et suffisant en volume et/ou en poids de l'emballage primaire et/ou secondaire et/ou tertiaire, à cahier des charges, niveaux de performances et acceptabilité du client identiques et/ou suffisants, ce qui conduit de ce fait à minimiser l'impact de l'emballage sur l'environnement.
Cette session a notamment mis l'accent sur les atouts de l'opération de la réduction à la source qui permet de faire évoluer la conception du produit, modifier le procédé de conditionnement, simplifier le système d'emballage, optimiser les dimensions d'emballage, bénéficier des évolutions techniques des matériaux et améliorer le process de fabrication.
L'occasion a été saisie lors de cette session pour présenter la méthodologie concrète de la réduction à la source selon le Conseil National de l'Emballage (CNE), en France, en se basant sur des exemples concrets. Cette méthodologie est basée sur la fixation des objectifs, la recherche des voies d'amélioration étape par étape à travers un check list et un plan d'action, l'identification des champs d'actions prioritaires à l'aide des bilans matières et énergies et des tableaux de bord ainsi que les mesures et le suivi des performances.
De plus la notion d'eco-conception a été introduite comme étant une nouvelle dimension environnementale et un art de réduire l'impact environnemental d'un produit à toutes les étapes de son cycle de vie, depuis l'extraction des matières premières jusqu'à son traitement en fin de vie.
Dés lors, il est fondamental de prendre en compte l'impact d'un emballage sur la filière de recyclage dès sa conception.
D'autres stratégies sont également développées dans le cadre de la mise en place d'une politique environnementale, notamment l'utilisation des matériaux biodégradables. Un témoignage d'un groupe alimentaire international a porté essentiellement sur la stratégie du Groupe en matière d'utilisation des bioplastics.
En effet, la plupart des groupes alimentaires internationaux et les chaînes leaders de la grande distribution en Europe ont adopté ce type d'emballage pour certains de leurs produits vu, d'une part, son intérêt économique lié notamment à la flambée du prix de pétrole qui a engendré une augmentation des prix des matières plastiques issues de l'industrie pétrochimique.
D'autre part, et au-delà de leur impact environnemental en raison de leur capacité de biodégradation, ces matériaux offrent des propriétés physiques et des caractéristiques mécaniques intéressantes, à savoir perméabilité, aptitude à protéger l'aliment, barrière aux UV, résistance…
Il est à noter, également, l'absence d'une législation internationale en la matière, la norme française EN 13432 version 2000 est actuellement le seule texte normatif pour les emballages biodégradables. La Directive 94/62/CE sur les emballages et les déchets d'emballages définit quant à elle la valorisation par compostage et biodégradation.
Un autre témoignage, est venu enrichir cette session en exposant des solutions de gestion des déchets pour les différents matériaux d'emballage.
Des statistiques relatives aux quantités d'emballages utilisés par les ménages en Tunisie montre que le tonnage d'emballages baisse mais pas le nombre et ce grâce à la réduction des poids unitaires et la baisse des quantités des emballages en verre contre la progression régulière des emballages en plastiques.
Dans une deuxième phase, l'intervention s'est concentrée sur le recyclage des emballages en papier carton et en plastique qui représentent respectivement 10% et 11% des déchets ménagers en Tunisie.
Aussi les modes privilégiés de traitements des déchets d'emballage en Tunisie, à savoir la réutilisation et la valorisation matière, ainsi que le système public de reprise et de valorisation des emballages usagés (plastiques, canettes et briques) et qui sont ECOLEF, le réseau CHEB et le mécanisme 41 du Fond National d'Emploi, sont également exposés lors de cette session.
En conclusion, les Journées Packaging ont permis, à travers les différents interventions présentées par des experts Européens et Tunisiens et également à travers les multiples témoignages, de faire le point sur la réglementation de plus en plus contraignante qui régit le secteur et qui elle-même est à l'origine des choix qui orientent sa stratégie de développement tant au niveau des matériaux que du process.
Des échanges fructueux entre les participants et les experts ont également contribués à l'enrichissement du contenu de ces journées.