Actualité

La mondialisation : Un danger pour l’Afrique ?

Article
Publication : 03 / 11 / 2009
1266 Consultations
Berceau de l’humanité et des civilisations anciennes, l’Afrique est restée pendant plusieurs siècles après un continent en retard, exclu voire marginalisé dans un monde qui laisse tomber chaque jour ses barrières et rapproche les peuples.

Au commencement était la traite négrière. Pendant plusieurs décennies, l’Afrique s’est vu vider de ses valeureux « bras » au profit des autres continents, dans un commerce que toute la planète terre a qualifié de « honteux ». Les mouvements de balkanisations survenus par la suite au cours de la longue période coloniale ont de l’avis de nombreux économistes, contribué à poussé les états africains au rang des pays à revenus intermédiaires, puis aux tiers mondes, et voire quarts mondes. Mais le problème n’est surtout pas là ; ce qui est alarmant, reste le fait d’un demi siècle après les indépendances synonyme d’une autonomie interne, l’Afrique traîne toujours avec elle un chapelet de misères à l’ère de la globalisation des économies et du libre échange.

Mais le problème n’est surtout pas là ; ce qui est alarmant, c’est que près d’un demi siècle après les indépendances synonyme d’une autonomie interne, l’Afrique traîne toujours avec elle un chapelet de misères à l’ère de la globalisation des économies et du libre échange. La mondialisation serait elle un danger pour le vieux continent ?

De toutes les révolutions industrielles qu’a connu le monde et accompagnées chaque fois d’un saut technologique, l’Afrique est resté en marge, se laissant dominer par un outil de production obsolète, inadapté et dont les produits qui en découlent ne correspondent plus aux normes et standards exigés par les marchés internationaux.

De la multitude des échanges qui s’opèrent de part et d’autres du monde, l’Afrique est restée essentiellement un continent de consommation, un comptoir de commerce avec une balance commerciale déficitaire (moins de 2% dans les échanges commerciaux). Continent au sol généreux, les matières premières africaines (banane, cacao, …) et même les produits manufacturés manquent aujourd’hui de compétitivité face à la montée des produits sud américains et chinois. Les labels exigés par les marchés internationaux ne peuvent plus être fournis par ces pays dont le système agricole reste pour la plupart extensif et très peu mécanisé ;

Sur le plan de l’évolution de la puissance économique mondiale, l’Angleterre jadis première puissance économique du monde a vite fait de céder cette suprématie à deux autres puissances mondiales (pic bimodal) dont les USA et l’URSS au lendemain de la deuxième guerre mondiale. Bicéphalisme ayant convergé à l’hégémonie des USA après la chute de l’URSS ; A côté de ce courant dominant pouvait dont graviter à la couche supérieure les pays comme le JAPON, Allemagne, France formant le Groupe des quatre. En gros, on retrouve ici dont un pic américain, un pic européen et un autre asiatique. L’Afrique demeurant absente. L’évolution récente de l’économie mondiale laisse apparaître la montée de nouvelles puissances en Asie (Corée, Chine, …), en Amérique du sud (Brésil ; …), en Europe (UE). L’Afrique à l’évidence brille par son absence.

Au niveau de la politique économique mondiale, la création de l’OMC en 1995 est venue sonner comme un son de cloche face à un peuple presque endormi. Il s’agit pour les multinationales ayant saturé leur marché en occident, de se trouver de nouveaux marchés en faisant lever via des conventions les barrières protectionnistes du passé. L’avènement des accords de partenariats économiques d’aujourd’hui qui en est une suite logique de cet impérialisme économique vient compliquer une situation dans laquelle l’Afrique n’avait jusqu’ici entrepris une riposte efficace. Une situation qui emmène à se demander si la mondialisation ne serait pas un danger pour le vieux continent. En effet, face à la réticence de nombreux gouvernements africains qui ont choisi de passer par des accords d’étapes, on est en voie de dire « oui ». Mais au regard des systèmes économiques de niveaux comparables à ceux de certains pays africains au lendemain des indépendances et qui se passent aujourd’hui pour des pays émergeants, on est en voie de dire que les clés du décollage de l’Afrique se trouvent toujours entre les mains des africains. Ces défis passent par une prise de conscience et une progression par actions bien ciblées. Parmi les grands chantiers que doivent se doter les états Africains, pourraient être pris en compte les points suivants :

- L’appropriation des normes
Les normes, qu’on le veut ou pas, passent aujourd’hui pour une autre forme de barrière protectionniste. C’est le passeport à l’exportation, Il faut désormais franchir cette barrière virtuelle si l’on veut compétir sur des marchés communs. Or les normes édictées par les grandes puissances épousent l’âge de leurs instruments, de leur technologie. L’Afrique doit se doter de ses propres normes, et s’efforcer à les mettre en œuvre à travers des politiques incitatives qui à l’évidence contribueront à un essor positif général. Une bonne politique de normalisation incite avant tout à une saine concurrence locale et permet de mieux apprécier les produits importés souvent douteux.

- La modernisation des méthodes de gouvernances d’entreprises
La pluralité des offres sur des marchés communs a rendu les consommateurs exigeants. Un phénomène qui s’est accru avec la récurrence des crises alimentaires ayant secoué le monde et qui continuent à hanter les esprits. Maîtriser la production et la servuction, c’est développer et mettre en œuvre des méthodes de travail rigoureuses et formelles, bâtir un plan d’amélioration sur la base des indicateurs et écarts tangibles à constater, développer les compétences au moyen de la formation continue du personnel, accroître le sens de responsabilités individuelles et collectives de ses collaborateurs, apprendre à partir des erreurs du passé remontées au moyen des audits et inspections planifiées,… c’est donner confiance à ses clients au moyens des actions préventives et correctives en temps réel à partir d’une écoute permanente du marché.

- Le développement du potentiel humain
L’un des leviers majeurs de compétitivité étant le potentiel humain, les moyens que se donnent l’Afrique pour former ses jeunes sont encourageants, mais méritent d’être renforcés et diversifiés, afin d’atteindre une masse d’intelligence critique qui devra bouster les initiatives de développement, qu’elles soient individuelles ou collectives. Un autre constat amer est que l’Afrique qui n’a pas encore formé suffisamment de cadres pour son développement, a du mal à consommer ceux déjà formés. La conséquence étant souvent une fuite des cerveaux ou à défauts, la création des camps d’exclusions sociales…

Ces actions coordonnées pour aider l’Afrique à entrer définitivement dans le concert des nations et faire de la mondialisation un atout majeur pour son développement intéressent avant tout les dirigeants africains et leur jeunesse.

Michel SOPOKAM
DESS Qualité & Organisation
Diplômé de l’ENSAI