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Faut-il et peut-on redynamiser la qualité pour mieux sortir de la crise ?

La qualité est beaucoup moins médiatisée en France depuis plusieurs années. Pourtant le nombre de spécialistes en qualité s’est considérablement accru grâce : à la mise en place de nombreuses formations, et à la pression « normative » qui s’est exercée sur les entreprises.
Le mouvement associatif de la qualité a perdu de son ampleur. Que deviennent les « qualiticiens » ? Comment communiquent-ils ? Les revues spécialisées sur la qualité ont du mal à survivre. Les livres qui sont publiés sur le thème de la qualité font moins recette. Comment les « qualiticiens » peuvent-ils continuer à se cultiver pour aider les entreprises à mettre la qualité au service des mutations profondes qu’elles traversent ?
Pourquoi les structures qui étaient chargées de la promotion de la qualité au niveau national ont-elles disparu ? La dynamique de la qualité est-elle en voie de désintégration dans les pays industrialisés ?
Y a-t-il une désaffection pour la qualité dans les entreprises ? Est ce que ce manque d’intérêts est dangereux pour l’avenir des entreprises ? Si la réponse est négative, cela signifie que les entreprises peuvent se passer de la qualité, ou que les entreprises ont trouvé d’autres moyens que ceux qui sont préconisés par les « qualiticiens » pour produire de la qualité. Si c’est le cas quels sont ces moyens ?
Si la perte d’intérêts pour la qualité est un danger pour l’avenir des entreprises, y a-t-il une prise de conscience de ce danger pour l’avenir de notre Economie ?
Ces constats et ce questionnement qui sont présents depuis cinq ou six ans n’ont pas trouvé de réponses satisfaisantes. Les acteurs qui ont assuré la promotion de la qualité dans un passé récent font partie d’une génération qui a progressivement quitté la vie active. La relève n’a peut-être pas été assurée dans de bonnes conditions car les qualiticiens étaient trop occupés dans leurs entreprises pour libérer suffisamment de temps pour se consacrer à la poursuite de la dynamique engagée. Ils ont délégué cette démarche à des consultants qui ont tout naturellement utilisé cette dynamique pour développer leur business et qui ont peut-être tué « la poule aux œufs d’or ».
Si cette situation a affaibli les entreprises, la crise doit être en train d’accélérer cette fragilité en la masquant.
Dans les entreprises qui subissent la crise, les dirigeants accordent moins de temps à leurs missions de management de la qualité. Les acteurs des services qualité doivent compenser ces faiblesses conjoncturelles qui peuvent produire des catastrophes. Ils sont constamment mobilisés pour éviter ces catastrophes dans des systèmes complexes où toute défaillance peut conduire en cascade à des situations dramatiques. Ils peuvent donc de moins en moins consacrer du temps pour se projeter dans le futur. Ils gèrent le risque immédiat et négligent le risque à moyen terme.
La qualité repose en grande partie sur la coalition d’intérêts des acteurs de l’entreprise. La crise peut-elle renforcer cette coalition d’intérêts ou provoque-t-elle au contraire un éclatement de cette coalition en créant une dynamique de « sauve qui peut » qui crée des conflits entre les différents groupes sociaux qui composent l’entreprise ?
Les salariés qui ont fortement investi dans la qualité et qui voient les licenciements s’accélérer, peuvent-ils encore de mobiliser solidairement pour construire la qualité de l’entreprise ?
Comment montrer que la qualité reste une valeur sûre de l’entreprise qui lui permettra de renforcer sa compétitivité à la sortie de la crise ?


Je suis persuadé, et l’histoire confirme ce point de vue, que la qualité a toujours été le principal facteur de compétitivité en sortie de crise.
La France pourrait-elle, pour une fois, se situer dans le peloton de tête dans se domaine en anticipant la sortie de crise par une nouvelle mobilisation collective de ses acteurs économiques sur le thème de la qualité? Cette « nouvelle mobilisation » redonnerait du courage à cette génération de qualiticiens qui ont bénéficié d’une formation spécialisée au cours des vingt dernières années et qui doutent de leur avenir.
Je suis persuadé que la qualité, comme l’environnement, fait partie des leviers transversaux qui soudent les acteurs socio économiques en les projetant dans le futur sur des finalités consensuelles.