Dossier thématique n° 49 |
Titre : Le management participatif Catégorie : Management Publié le : 24 / 07 / 2007 Source : Anna Pasco Lu : 11155 fois |
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La fin du 19 e siècle et le début du 20 e siècle sont marqués par l’influence de la conception taylorienne de l’entreprise. Selon Wikipedia, le taylorisme est « une méthode de travail qui tire son nom de celui de l'ingénieur américain Frederick Winslow Taylor (1856-1915). Reposant sur une division du travail en tâches simples et répétitives individuellement optimisées et sur le paiement des employés au rendement. ». C’est donc un modèle d’organisation qui vise à organiser scientifiquement les tâches de chaque employé et de les rationaliser afin d’obtenir les meilleurs rendements possible. Il et à l’origine du travail à la chaîne par son application avec le « fordisme ». Ce modèle s’appuie sur un principe fondamental : les besoins des patrons, des employés et des consommateurs sont convergents. Selon lui : « Les patrons intérêt à faire produire le plus possible au taux le moins élevé ; les ouvriers bénéficient de l’augmentation quantitative de la production et les consommateurs de la diminution des prix de vente ».
1.1.2. Un modèle rationnel
Ces types d’organisation ont bien conduit à l’augmentation de la productivité mais aussi à la rétribution au mérite des salariés. Ce modèle à apporté au niveau de l’organisation du travail avec la séparation de tâches de conception et de réalisation. De même que le travail de Fayol, qui vise à développer la fonction administrative et s’appuyant sur le besoin d’une unité dans la force de commandement d’une entreprise; et celui de Weber qui défini strictement le travail de chacun en s’appuyant sur sa fonction plutôt que l’individu, le modèle Taylorien cherche à un système rationnel pour structurer et gérer les organisations. Néanmoins, ce modèle connaît ses limites et ses premières difficultés dans les années soixante par l’intermédiaire des syndicats aux Etats-Unis qui se plaignent notamment de « l’abrutissement des employés au travail ». Face à cette grogne mais aussi au développement des secteurs tertiaires, le modèle connaît quelques évolutions et est aujourd’hui nommé « néo-taylorisme ». Mais il conserve ses principes de base. 1.2. Naissance du management participatif - Retour au menu 1.2.1 Emergence de modèle de pensée différents : l'école des relations humainesFace à ces systèmes, plusieurs intellectuels mettent en place des théories s’appuyant sur l’importance de l’individu au sein de l’entreprise. Kurt Lewin (1890-1947) avait mis au point plusieurs styles de management des années auparavant :
Lewin observe lors d’un test pour chaque style de direction les résultats et arrive à la conclusion que le style démocratique apporte un certain équilibre ente les éléments qui le composent. Le groupe est aussi capable de s’autoréguler. Cette étude, s’appuyant plus sur l’aspect psychologique des individus que sur l’aspect organisationnel d’une entreprise, amène certains intellectuels à mettre au point des théories dans le prolongement de la pensée de Lewin. Ils mettent en place ce que les auteurs spécialisés appelleront plus tard « l’école des relations humaines » qui se positionne à l’inverse de « l’école classique », c’est-à-dire la pensée taylorienne. Ainsi, Mayo (1880-1949) suppose que la prise en considération des individus est important et influe sur sa motivation. C’est la première fois que l’on met en exergue le besoin de reconnaissance et d’appartenance à un groupe pour une personne plutôt que ses besoins matériels. Voilà donc une théorie qui souligne que l’individu à des besoins.
Maslow (1908-1970( tente alors de tirer au clair les besoins de la personne en étudiant la psychologie de la motivation. Il met alors au point une pyramide des besoins en les hiérarchisant ( voir Annexe 1).
Ainsi Maslow prône le fait qu’un individu à des besoins « primaires » mais aussi des aspirations secondaires plutôt immatériels et irrationnels. Avec cette pyramide, Maslow démontre les limites du cadre financier. L’argent apporte les besoins physiologiques comme manger ou boire mais aussi les besoins de sécurité comme le fait d’avoir un toit. Ces besoins étant satisfaits, l’augmentation de la motivation passe par la satisfaction des besoins qui ont moins d’importance comme le besoin d’appartenance à un groupe social. Néanmoins, rien ne sert de vouloir motiver les salariés au niveau de l'estime et de l'accomplissement, si des menaces de licenciements portent atteinte à la sécurité et si les salaires ne sont pas suffisants pour satisfaire pleinement les besoins physiologiques. Un besoin d'ordre supérieur ne peut être satisfait que si les précédents le sont. Cette théorie est en relation avec une autre. 1.2.2 Naissance de la théorie Mc Gregor influe dans le sens de Maslow avec la naissance de la théorie Y : le management participatif s’opposant à la théorie X proche de la conception de Taylor. Ainsi, la théorie Y exprime le fait que le travail peut être une source de satisfaction et que le potentiel humain n’est pas utilisé, notamment sur le plan de la créativité. Il préconise de modifier la façon, de diriger les hommes en fonction des besoins de l’individu et notamment du besoin de reconnaissance. Ainsi, Mc Gregor n’envisage pas l’organisation que sur l’aspect de la structure. Il souligne le fait que l’augmentation de la motivation des salariés joue un rôle prépondérant dans l’augmentation de la productivité. Pour accroître cette motivation, c’est l’enrichissement des tâches et non leur organisation qui semble être la solution. Cette théorie pourrait se traduire sous forme d’un cercle vertueux : l’implication de l’individu dans l’organisation l’incite à prendre des initiatives ce qui se traduit par une application au travail, ce qui l’implique encore plus dans son organisation. 1.2.3. L'école du management participatif A. La typologie de Likert Pour comprendre et analyser les différents types de managements, Lickert met au point une typologie composée de quatre types de manager :
Selon Likert, c’est le management participatif qui est le plus efficace. Il est partisan de la responsabilité de groupe, de la décision par consensus et de la fixation d’objectifs par le groupe. Pour lui, favoriser l’interaction entre les individus doit permettre de faciliter la résolution des problèmes au niveau du groupe, et de faire fonctionner l’organisation sur une base d’influence mutuelle plutôt qu’à partir d’un réseau formel de relations. Cependant est-il impossible d’être à la fois un manager prenant en compte à la fois le potentiel humain mais aussi la tâche à réaliser pour ce dernier ? N’est-il pas possible qu’il existe un certain équilibre entre ces deux aspects ?
Les dimensions étudiées dans la grille managériale sont :
Il y a donc cinq types différents de commandement :
Le management participatif est un mode d’animation et de conduite des individus et des équipes qui suscite leur engagement et leur contribution à l’innovation permanente et au progrès des performances de l’entreprise. En cohérence avec les objectifs de l’entreprise, il s’appuie sur la prise en compte des attentes et des aspirations des membres du personnel. 2.1. Les principes du management participatif - Retour au menu Le management participatif s’appuie sur cinq grands principes :
Explicitions deux de ces cinq principes sur lesquels repose le management participatif.
Elle permet d'impliquer le personnel dans l'atteinte des buts que l'entreprise s'est fixée, à travers une démarche sans cesse reconduite puisque la vie de l'entreprise est en constant renouvellement. Si le management participatif veut mobiliser les acteurs d'une entreprise il doit, afin d'atteindre ses buts, tenir compte d'une double approche : par les attitudes d'abord, par les structures ensuite. . En effet, si un des buts du management participatif est de favoriser le sentiment d'appartenance et d'épanouissement de l'individu il s'agit de créer des conditions de travail favorisant la communication, l'écoute sans oublier la collaboration et le partage puisqu'il ne s'agit pas seulement d'une réalisation personnelle, mais bien d'une réalisation personnelle dans le cadre d'un projet commun. C'est d'ailleurs ici que se situe une des difficultés de cette approche managériale, puisqu'il faudra, tout en tenant compte de l'individuel, passer au collectif. Cette approche par les attitudes se double d'une approche sur les structures dans le sens ou le développement de ces comportements au sein d'une équipe s'appuie sur la mise en place de structures formelles de communication et de travail le favorisant. La délégation des pouvoirs repose sur le principe de subsidiarité, selon lequel ce qui est autorisé à être décidé à un échelon inférieur, ne doit pas l'être par l'échelon supérieur. Ce principe fonctionne d'autant mieux qu'une organisation est gérée d'une manière participative. Il est plus difficile à appliquer dans les grandes bureaucraties, sauf si les normes le prévoient explicitement. Il est inexistant dans les organisations dirigées d'une manière autocratique. De plus, il existe plusieurs techniques pour la participation : la responsabilisation, la participation, l'autonomisation et le pouvoir ainsi que la communication. A. La reponsabilisation Maintenant, l’ouvrier doit faire face aux pannes et cela ne fait qu’accroître son poids de responsabilité. Il a un travail plus intéressant, l’ouvrier est plus motivé et donc plus productif. B. La participation Pour travailler en équipe, il faut un certain nombre de compétences ; les nouvelles taches comme la diffusion des informations, l’animation des réunions ou la formation de membres demandent une formation spéciale. Le groupe d’auto formation semble le plus intéressant, il utilise des techniques de dynamique des groupes pour répondre à des difficultés de relations interpersonnelles au travail. Après l’observation des relations entre chaque membre du groupe, l’individu doit être capable d’analyser et d’interpréter le comportement d’autrui et d’informer chaque personne des conséquences de son comportement sur les autres. Chaque membre doit pouvoir exprimer ses émotions et sentiments et voir les influences sur ces réactions. Il faut travailler, conseiller en tenant compte de l’opinion de tous les membres de l’organisation. La meilleure méthode est de passer par l’intermédiaire des cercles de qualité. Cinq à dix ouvriers spécialisés volontaires se retrouvent 1h par semaine pour repérer et résoudre des problèmes liés à leur travail. Le plus souvent, ces groupes de personnes travaillant ensemble pour fournir un produit ou un service spécifique. Pour qu’un cercle de qualité fonctionne, il faut planifier, entraîner, initier… Après cela, le groupe peut faire un « vrai » travail qui implique l’identification, la sélection et l’analyse du problème et ainsi trouver une solution cohérente. Il y a une décentralisation des décisions qui ne fera qu’améliorer le fonctionnement de l’entreprise. C. L'autonomie et le pouvoir Le pouvoir est délégué, dans la mesure où chacun prend des décisions. Mais qu ‘est ce que le pouvoir ? « C’est le fait de disposer de moyens naturels et occasionnels qui permettent une action. » Le pouvoir a trois sources : le statut, l’information possédée et le rayonnement personnel. D. La communication L'ambiance du travail dépend de la qualité de la communication. La communication interne est la plus importante en ce qui concerne le management participatif car elle sensibilise la personne aux enjeux de l’entreprise : elle restaure la confiance autour d’une identité de l’entreprise. Tous connaissent l’entreprise et tous sont informés de façon adaptée, le personnel peut s’exprimer et est au courant du succès et des initiatives des équipes de travail. La communication évoque le modernisme, l’intérêt, la chaleur c’est à dire ce que l’on veut trouver au sein d’une entreprise. 2.2.4. Etablissement d'un climat de participation
A. Les groupes de résolution de problèmes (ou cercles de qualité) Apparus au début des années 1960 au Japon, leur succès peut être attribué à trois facteurs: l'usage des statistiques, la dynamique de groupe,la satisfaction dans le travail. Un animateur fixe les objectifs de travail pour un problème particulier. Un groupe de travail de niveau et de service différents dans l'entreprise se rencontrent régulièrement pour définir, analyser, choisir, proposer et résoudre les problèmes concernant la qualité dans le travail. De tous les problèmes, le groupe se focalise sur le plus important et apporte sa réflexion appelé brainstorming. La philosophie de cette méthode est de réunir les personnes directement concernées par un problème donné afin d'en débattre. Connaissant leur travail mieux que quiconque, elles sont les mieux placées pour trouver les solutions. Les cercles de qualités consistent à demander à un groupe de collaborateurs de mesurer l'évolution de la qualité des services produits. Les cercles de qualité permettent d'améliorer la qualité, la sécurité, les compétences et le savoir-faire et la communication ainsi que d'augmenter la cohésion des équipes, la satisfaction du personnel et la productivité. Ils permettent aussi de modifier les attitudes et les comportements, de réduire les coûts et de collecter des données Méthode et outils des groupes de résolution des problèmes
B. Les groupes de travail (ou groupes projets) (Définition d'un projet : voir Annexe 4)
Les groupes-projets sont chargés de résoudre certains problèmes organisationnels. Sous la responsabilité d'un formateur chargé d'organiser et d'animer le groupe, ils ont pour principale mission d'organiser la réflexion nécessaire à la construction et à l'évolution des projets, ils permettent une bonne circulation des informations entre les membres du groupe et la direction et ils sont force de proposition auprès de la direction. La finalité de ces groupes projets est de proposer des actions concrètes. Il existe aussi plusieurs types de projets en fonction de la manière de faire, des méthodes à utiliser, et en fonction des résultats souhaités. (voir Annexe 5)
Cependant il existe des nuances entre ces deux outils du management participatif.
2.3.2. Le système de suggestions L’entreprise se doit de favoriser la créativité, l’initiative et la prise de responsabilité de chaque collaborateur. 2.3.3. Le plan d'amélioration de la compétitivité (PAC)
En bref, un Plan d'Amélioration de la Compétitivité c’est :
La délégation du pouvoir responsabilise le salarié et favorise ainsi son développement personnel, c'est à dire qu'elle lui permet la réalisation de soi. De plus, ce style de management vise une égalité des chances ainsi que le respect de chacun. L' implication de l'ensemble des partenaires entraîne une modification significative des facteurs humains (considération, épanouissement, implication, ambiance, ..), et donc de la vie interne de l'entreprise. Elle se traduit par une plus grande mobilisation, la motivation, la cohésion et l'esprit d'équipe. C'est ainsi que le management participatif, à travers chacune de ces valeurs, contribue à une meilleure motivation des salariés. 2.4.2. Les avantages pour l'entreprise L'ensemble de l'entreprise est responsabilisé par la gestion des compétences et des potentiels humains, la délégation, la nécessité de transmettre etc. Elle devient alors "entreprise apprenante" pour l'intérêt de tous. Le management participatif implique évidemment la participation des salariés, cela permet donc une fusion des différents points de vue pour ainsi rechercher les solutions optimales aux problèmes posées. Ce management est aussi un moyen de gagner la confiance des salariés ainsi qu'un moyen d'avoir l'accord des salariés par rapport aux objectifs. Une implication plus grande des salariés résulte de ce management, ainsi que la diminution des conflits, les salariés sont ont donc une meilleure intégration à l'organisation. De plus, le management participatif implique l'augmentation de la productivité étant donné qu'il augmente l'efficacité des équipes. Les salariés sont plus volontaires puisqu'il sont plus motivés. Enfin, le management participatif renvoie une bonne image de l'entreprise. 3.1. Problème de temps et de coût - Retour au menu Le management participatif n’est pas accepté de la même manière par tout le monde, certaines personnes n’éprouvent pas le besoin ni l’envie d’une participation plus grande dans leur travail. Certains collaborateurs peuvent donc faire résistance à la mise en place d’un management participatif. 3.3. Remise en cause des structures formelles de l’entreprise - Retour au menu La conception de l’activité de supérieur hiérarchique est revue : anciennement seul responsable de la gestion, de la motivation, du contrôle et de la coordination, il partage dès lors ses responsabilités et son pouvoir de contrôle. 3.4. Incapacité d'adaptation aux situations de crise - Retour au menu Loin d'être une théorie, le Management Participatif est le levier permettant la mise en place des outils itératifs du changement. Cependant, m ême si l'émergence de la notion de participation a été décisive dans le management des organisations, elle passe sous silence certaines réalités de l'entreprise tels que la divergence entre objectifs individuels et objectifs organisationnels ou la nécessité des conflits dans certaines circonstances. De plus, l a mise en oeuvre d'un management participatif ne dépend plus du bon vouloir d'un dirigeant, c'est devenu une obligation imposée par les nouvelles conditions économiques. Le management participatif illustre donc la réalité selon laquelle une entreprise se développe à travers les hommes qui la composent et non pas seulement à travers les technologies qu’elle applique. Bibliographie - Retour au menu MMI. Site du Mastère en Management de l'innovation, [En ligne] BIBLIOLIB. Bibliothèque Libertaire, [En ligne] WIKIPEDIA. L'encyclopédie Libre, [En ligne] APROMAD. Association pour la promotion de la santé et le maintien à domicile, [En ligne] MESSIRDOR. Association Messidor, [En ligne] |
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