La communication, clé d’une restructuration réussie ?

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Publication : 06 / 06 / 2012
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Le 29 mai dernier, Clai et le Business & Legal Forum ont organisé une table ronde sur le thème du rôle de la communication dans le cadre des restructurations d’entreprises. Quatre experts sont intervenus :


- Dominique Bur, préfet de la région Nord-Pas de Calais,
- Eric Giuily, Président de CLAI, cabinet de conseil en stratégie de communication,
- Pascal Lagoutte, président, avocat associé, Capstan,
- Loïc Touranchet, avocat associé, Actance.


La discussion a été animée par Guilhem Brémond, président de l’ARE (Association pour le retournement des entreprises).

Qu’ils soient avocats, préfet ou communicant, les experts présents se sont rejoints sur un point : la communication dans ce type d’opérations n’est pas un choix mais une nécessité et doit être intégrée en amont, dès l’élaboration du projet.

Ces opérations sont en effet largement une affaire de communication : c’est une véritable « bataille » d’opinion qui s’engage entre, d’une part, les syndicats et les représentants du personnel et, d’autre part, l’entreprise dont l’objectif est d’éviter que les opérations de restructuration dégénèrent, s’embrasent médiatiquement et affectent durablement son image. « Quitte à aller à l'encontre des pratiques et habitudes de dialogue social des grands groupes qui souhaitent avant tout rester cachés dans ce type de situations sensibles», a souligné Eric Giuily.

Pour celui-ci, « parler le premier et occuper le terrain dans la durée est l’une des conditions majeures du succès et ce, à toutes les étapes de la procédure ». Et c’est d’autant plus vrai à l’ère des SMS et des smartphones, utilisés par les représentants du personnel lors des réunions de comité d’entreprise et qui ont fortement accéléré la vitesse de circulation de l’information pour prendre de court la direction. Il est donc nécessaire de ne pas s’arrêter à une conception trop restrictive du délit d’entrave, qui fait trop souvent hésiter les entreprises.

D’après Pascal Lagoutte, « légalement, il n’y a pas d’obstacle à communiquer, même si pour des raisons plus tactiques que juridiques, il est recommandé de réserver aux représentants du personnel la primauté de l’information ».

D’après Pascal Lagoutte, « légalement, il n’y a pas d’obstacle à communiquer, même si pour des raisons plus tactiques que juridiques, il est recommandé de réserver aux représentants du personnel la primauté de l’information ».

Dans ce contexte, et comme l’a souligné Loïc Touranchet, pour communiquer, « Il est nécessaire de bien distinguer les interlocuteurs naturels, les membres du comité d’entreprise et les autres parties prenantes, comme les managers, les salariés et l’externe ».

Parmi les parties prenantes internes clés, on trouve d’abord le management qui doit être informé du projet en priorité pour anticiper les éventuelles difficultés et être en mesure d'y répondre. Par ailleurs, les managers locaux doivent être formés et préparés car ce sont eux qui seront soumis à la pression des journalistes locaux et qui devront porter les messages sur le projet. Comme l’a relevé par ailleurs Eric Giuily, « la direction doit être une source d’information des salariés, au même titre que les syndicats et ce, tout au long de la procédure ».




Le gouvernement et les élus locaux font également partie des cibles majeures de la communication et doivent être informés le plus tôt possible : « en tant que préfet, ma crainte est d’être informé trop tard quand on me demande de convoquer la table ronde de la dernière chance ! », a souligné Dominique Bur. Les entreprises doivent avant tout éviter de prendre leurs interlocuteurs par surprise et continuer de les informer tout au long de la procédure.

Néanmoins, pour être efficace, cette stratégie doit, comme l’a souligné E. Giuily, « traduire une volonté qui n’est pas de simple information descendante mais d’écoute et de dialogue ». Il faut avant tout être sincère, dire la vérité et prendre en compte la charge émotionnelle des mots utilisés pour réduire, autant que possible, le sentiment d’injustice.

Pour être efficace cette stratégie doit par ailleurs reposer sur un groupe projet structuré qui rassemble les différents conseils de l’entreprise : les avocats, communicants, conseils RH… Il est indispensable que ces différents interlocuteurs soient impliqués, non seulement dès l’élaboration du projet, mais aussi pendant toute la durée de la procédure.

Si elle est une clé d’une restructuration réussie, une stratégie de communication préparée et proactive peut cependant se heurter au fossé culturel inhérent aux groupes internationaux : la France est en effet un cas très atypique avec une législation sociale particulière qui s’est complexifiée et difficilement compréhensible par les groupes étrangers ; ils peuvent commettre des maladresses qui engendrent des tensions sociales supplémentaires et ralentissent le processus.


Pour conclure, tous les intervenants ont rappelé que la communication ne doit pas cesser à l’issue de la procédure légale d’information-consultation. Elle doit continuer, notamment pour accompagner les salariés qui partent dans le cadre du projet et remobiliser ceux qui restent dans l’entreprise. C’est en effet de l’engagement de ces derniers que dépendra son redressement.

A propos de CLAI

CLAI, fondé en 2009, est un cabinet indépendant de conseil en stratégie de communication corporate et institutionnelle, qui a pour principaux domaines d’intervention : l’élaboration et l’expression des stratégies de communication, la communication sensible et de crise, la communication de mobilisation et de réorganisation, la communication financière et sur les opérations financière.

Depuis 2009 CLAI spécialiste de l'identité, l'image et la réputation des entreprises et des institutions, s’appuie sur des compétences reconnues en analyse stratégique et élaboration des plates-formes de messages, en affaires publiques, en relations presse, et en stratégies digitales.


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